Handicap
L’Université Grenoble Alpes s'est engagée à mener une politique handicap visant à insérer et compenser tous les types de handicap sur ces emplois. Focus sur les différents troubles Dys, TDAH, TSA/Syndrome d’Asperger.

Tester votre connaissance au sujet des handicaps cognitifs

Quel est le point commun entre Marie Curie, Steven Spielberg, Marck Zuckerberg et Woody Allen ?

Réponse : Ces personnes ont toutes un trouble du spectre de l’autisme (ou Syndrome d’Asperger)

Le second degré n’est pas toujours accessible !

Second degré
 

Saurez- vous résoudre ce problème de CE1 en moins de 10 minutes ?

 
"Monsieur etma damare novon deupari achameau nit. Ladisten cet deux 600 Km lavoix tureconsso me 10 litr rausan quil aumaître. Ilfocon thé 18€ deux pé âge d'aux taurou tet 8€ dere papour désjeu néleumidit. Les sens kou tes 1€ leli treu ilpar ta 8 eureh.
Kélai laconso mas siondes sans ?
Quélai ladaipan setota lepour levoiaje ?"


Réponses :
Cette rédaction phonétique et ne respectant pas le découpage des mots vous permet de voir la somme d’efforts fournie par une personne dyslexique (ou dyspraxique visuo-spatial) qui doit réfléchir et décoder le texte en même temps.

"Monsieur et Madame Renaud vont de Paris à Chamonix. La distance est de 600 km et la voiture consomme 10 litres aux cent kilomètres. Il faut compter 18€ de péage d'autoroute et 8€ de repas pour déjeuner le midi. L'essence coûte 1€ le litre. Ils partent à 8 heures."
Quelle est la consommation d'essence ?  60 L
Quelle est la dépense totale pour le voyage ? 86 €

Troubles Dys, TDAH, TSA/Syndrome d’Asperger sont des diagnostics posés de plus en plus tôt s’agissant des enfants.

 

Il ne s’agit pas de simples troubles d’apprentissage mais de handicaps cognitifs impliquant une réelle adaptation en milieu professionnel.

Définitions théoriques

Ces troubles sont innés, et sont caractérisés par l’absence de déficience intellectuelle, déficit sensoriel ou carence socio-éducative. Ils apparaissent au cours du développement de l’enfant, avant ou lors des premiers apprentissages, et persistent à l’âge adulte.
Les troubles Dys peuvent affecter le langage écrit ou oral (dyslexie, dysorthographie, dysphasie), le développement moteur ou neuro-visuel (dyspraxie) ou encore la sphère des activités numériques (dyscalculie).

Les personnes atteintes d’un Trouble Déficitaire de l'Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) ont des difficultés, entre autres, à se concentrer, à être attentives et à mener des tâches à terme. Elles peuvent avoir du mal à rester en place, à attendre leur tour et agissent fréquemment de façon impulsive.
Quant au Trouble du Spectre de l’Autisme (TSA ou Syndrome d’Asperger), il s’agit d’un trouble envahissant du développement générant des difficultés dans les interactions sociales et la communication, associées à des intérêts restreints et des comportements répétitifs (rituels). La personne a des difficultés à décoder les messages qui lui arrivent et à adresser clairement ses propres messages à ceux qui l’entourent, ce qui peut générer des difficultés d’intégration.
Il est fréquent qu’une personne soit atteinte de plusieurs de ces troubles. Or, chacun de ces troubles implique une fatigabilité importante, conséquence des moyens de compensation que la personne doit mettre en place au quotidien.


Prévoir plus de temps, plus d’apprentissage et plus de concentration sont 3 conditions de travail bien souvent indispensables pour ces personnes.

Aménagements pratiques

Imaginez une ambiance sonore prégnante, une lumière éblouissante et des personnes qui vous sollicitent concomitamment avec un téléphone qui sonne avec insistance. Tel peut être le ressenti quotidien d’un collègue atteint d’un TSA ou d’un déficit attentionnel. Ainsi, l’environnement de travail nécessite une importante compensation personnelle et des ajustements simples peuvent l’aider : éviter les lumières fortes, permettre des temps de solitude ou de travailler dans un bureau seul, limiter les interactions téléphoniques.
 

Les codes sociaux sont le fondement de notre collectif de travail et peuvent pour autant être une difficulté pour nos collègues avec un TSA ou de certains troubles Dys. En effet, certaines personnes ont du mal à accéder au second degré en temps réel ce qui les empêche de saisir l’implicite et la communication non verbale (non décryptage des expressions du visage par exemple). De même, les changements de dernière minute peuvent se révéler très anxiogènes. En témoigne le récit d’une collègue enseignante qui a besoin « d’un emploi du temps structuré et ne pas être dans le flou pour être à l’aise ».
 

La majorité de nos collègues présentant des troubles cognitifs trouvent eux-mêmes des adaptations pour leur environnement de travail : rideau baissé, bouchons d’oreilles, organisation de l’emploi du temps pour avoir des temps de travail seul, privilégier la communication écrite.
 

Le médecin de prévention est également une ressource indispensable pour préconiser des aménagements simples (télétravail, casque anti-bruit, bureau seul) ou plus coûteux tels que logiciels (dictée vocale, correction orthographique) ou job coach, mais aussi pour accompagner l’agent dans la communication avec l’entourage professionnel. D’après les témoignages recueillis, en parler peut éviter « trop de remarques désobligeantes ou bienveillantes mais gênantes sur la fatigue, le comportement, les absences ».
 

Enfin, certains aménagements nécessitent la bienveillance des collègues, sans pour autant que ce soit lourd à mettre en œuvre. On peut citer l’exemple d’un collègue dyslexique qui n’arrive pas à lire un protocole d’expérience : un simple changement de mise en page peut l’aider. On peut également lui procurer le document en version électronique afin qu’il puisse l’écouter via un logiciel spécialisé.Mettre en place une communication explicite est gage de compréhension mutuelle et évitera bien des malentendus : « J’aimerais que lorsque je collabore avec quelqu’un, la personne fasse des efforts de clarté dans ce qu’elle énonce […] et qu’elle évite les implicites. J’aimerais que l’on évite de me demander de téléphoner car cela est compliqué pour moi. ».
 

Et à l’UGA ?

L’Université Grenoble Alpes s’est engagée dans la démarche « Aspie-Friendly » pour favoriser l’insertion professionnelle des étudiants autistes « Asperger ».
Ce programme permettra notamment de former les enseignants à une meilleure connaissance et prise en charge des étudiants avec TSA.

Mis à jour le  17 juillet 2020